Capitaine Renard allait de compagnie
Avec son ami Bouc des plus haut encornés :
Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez ;
L’autre était passé maître en fait de tromperie.
La soif les obligea de descendre en un puits :
Là chacun d’eux se désaltère.
Après qu’abondamment tous deux en eurent pris,
Le Renard dit au Bouc : « Que ferons-nous, compère ?
Ce n’est pas tout de boire, il faut sortir d’ici.
Lève tes pieds en haut, et tes cornes aussi ;
Mets-les contre le mur : le long de ton échine
Je grimperai premièrement ;
Puis sur tes cornes m’élevant,
A l’aide de cette machine,
De ce lieu-ci je sortirai.
Après quoi je t’en tirerai.
-Par ma barbe, dit l’autre, Il est bon ; et je loue
Les gens bien sensés comme toi.
Je n’aurais jamais, quant à moi,
Trouvé ce secret, je l’avoue. »
Le Renard sort du puits, laisse son compagnon,
Et vous lui fait un beau sermon
Pour l’exhorter à patience.
« Si le ciel t’eût, dit-il, donné par excellence
Autant de jugement que de barbe au menton,
Tu n’aurais pas, à la légère,
Descendu dans ce puits. Or adieu : j’en suis hors ;
Tâche de t’en tirer, et fais tous tes efforts ;
Car, pour moi, j’ai certaine affaire
Qui ne me permet pas d’arrêter en chemin. »
En toute chose il faut considérer la fin.
JEAN DE LA FONTAINE












on mai 17th, 2009 at 9:33
nom de dieu, je suis tombé sur ce truc vendredi en BTS de culture générale et expression (appelé communément “français”, bien que ça n’en est rien a voir)
alors il faut savoir que La Fontaine prône ici le détour et la ruse…. -_-
oui, moi aussi, ça m’a fait chier…
on mai 18th, 2009 at 19:58
Pourquoi le bouc est-il bloqué dans le puit à la fin ?
Pourquoi le renard est-il toujours le plus rusé ?
Enfin je ne vais pas me plaindre, j’aime les renards…
Mais Jean de la Fontaine ne nous sert pas là un chef-d’oeuvre d’imagination !!
(je trouve)
on mai 19th, 2009 at 13:01
Oui moi aussi je suis tombée sur ce sujet en culture et expression ! une synthese de fou !
Merci J De la Fontaine…